L’outil
On travaille avec des mots. Il n’y a que ça.
Cela paraît peu. C’est pourtant le seul matériau où votre histoire soit encore déposée — y compris ce que vous en avez oublié. Les mots que vous employez sans y penser, les phrases que vous ne finissez pas, ceux qui reviennent, celui qui manque : c’est là que quelque chose se sait de vous, avant vous.
La règle est unique, et c’est la plus difficile qui soit : dire ce qui vient. Sans trier, sans mettre en ordre, sans se demander si c’est intéressant, convenable ou pertinent. Freud appelait cela l’association libre. On n’y arrive jamais complètement, et c’est précisément aux endroits où l’on n’y arrive pas que le travail commence.
Mon rôle n’est pas de vous conseiller, ni de vous expliquer votre vie à votre place. Il est d’écouter ce que vous ne vous entendez pas dire.
