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Page : La psychanalyse

Alain Cochard psychanalyste · Nantes
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Comprendre

La psychanalyse

Ce que c’est, ce que ça n’est pas, et comment savoir vers qui se tourner.

La psychanalyse est un traitement par la parole. C’est à la fois tout ce qu’il y a à en dire et une phrase qui n’explique rien : personne n’a jamais guéri de raconter sa journée à un inconnu.

Ce qui fait la différence, c’est un pari, formulé à Vienne il y a plus d’un siècle et vérifié depuis dans des milliers de cabinets : nous ne savons pas tout ce que nous savons. Une part de ce qui nous détermine — nos choix amoureux, nos empêchements, nos répétitions — se joue hors de notre vue. C’est ce qu’on appelle l’inconscient, et ce n’est pas une cave où dormiraient des secrets : c’est une logique, active, qui parle à travers nous tous les jours.

L’outil

On travaille avec des mots. Il n’y a que ça.

Cela paraît peu. C’est pourtant le seul matériau où votre histoire soit encore déposée — y compris ce que vous en avez oublié. Les mots que vous employez sans y penser, les phrases que vous ne finissez pas, ceux qui reviennent, celui qui manque : c’est là que quelque chose se sait de vous, avant vous.

La règle est unique, et c’est la plus difficile qui soit : dire ce qui vient. Sans trier, sans mettre en ordre, sans se demander si c’est intéressant, convenable ou pertinent. Freud appelait cela l’association libre. On n’y arrive jamais complètement, et c’est précisément aux endroits où l’on n’y arrive pas que le travail commence.

Mon rôle n’est pas de vous conseiller, ni de vous expliquer votre vie à votre place. Il est d’écouter ce que vous ne vous entendez pas dire.

Le symptôme

Ce qui vous gêne vous a d’abord servi.

Un symptôme n’est pas seulement une gêne à faire taire. C’est une solution — la moins mauvaise que vous ayez trouvée, à un moment où vous n’en aviez pas d’autre, pour tenir debout. Il a coûté cher, il continue de coûter, et il protège quelque chose.

C’est pourquoi on ne l’arrache pas. Ceux qu’on arrache reviennent, ou se remplacent par un autre. Le travail consiste à savoir ce qu’il tient — pour que vous n’ayez plus besoin qu’il le tienne.

Le temps

Il n’y a pas de protocole, et c’est voulu.

Aucune séance ne ressemble à la précédente, aucune analyse ne ressemble à une autre, et rien de ce qui se fait ici ne se déroule selon un programme en huit séances. Ce n’est pas un défaut de rigueur : c’est la conséquence de ce qu’on cherche. Un protocole traite une catégorie ; ici, on travaille sur ce qui, en vous, ne rentre dans aucune.

Ce que la psychanalyse vise n’est pas la disparition rapide d’un signe, mais un déplacement durable : dans le rapport à soi, aux autres, et à ce qu’on désire. Cela prend le temps que cela prend.

S’y retrouver

Psychanalyste, psychiatre, psychologue : qui fait quoi ?

Les mots se ressemblent, les métiers non. Voici les différences réelles, y compris celles qui ne m’arrangent pas.

Le psychanalyste

Aucun diplôme d’État. Un parcours — qu’il faut oser demander.

Le titre n’est protégé par aucune loi en France : n’importe qui peut s’en réclamer dès demain. Ce qui fait un psychanalyste n’est donc pas un papier, c’est un trajet : avoir soi-même fait une analyse, longtemps ; soumettre sa pratique au regard d’un analyste plus expérimenté — c’est ce qu’on appelle le contrôle, ou la supervision ; et continuer de se former toute sa vie. Posez la question à celui que vous consultez. Un analyste qui refuse d’y répondre vous a déjà renseigné.

Le psychiatre

Un médecin. Le seul à pouvoir prescrire.

Spécialiste en médecine, il pose des diagnostics, prescrit des traitements et signe des arrêts de travail. Ses consultations sont remboursées par l’Assurance maladie. Certains psychiatres conduisent aussi des psychothérapies ; d’autres non.

Le psychologue

Un master universitaire. Des bilans, des psychothérapies.

Cinq ans d’université en psychologie, un titre protégé, un numéro d’enregistrement. Il fait passer des bilans — efficience intellectuelle, personnalité, troubles des apprentissages — et conduit des psychothérapies d’orientations très diverses, dont certaines psychanalytiques. C’est vers un psychologue conventionné qu’il faut se tourner pour bénéficier du dispositif « Mon soutien psy ».

Le psychothérapeute

Un titre protégé depuis 2004. Un registre à vérifier.

Depuis la loi du 9 août 2004, l’usage du titre suppose une inscription sur un registre national, après une formation en psychopathologie clinique et un stage. Médecins et psychologues y accèdent sous conditions. Vous pouvez demander à voir le numéro d’inscription : c’est légitime.

Les autres praticiens

Beaucoup de monde. Trois questions à poser.

Coachs, hypnothérapeutes, praticiens de telle ou telle méthode : il y en a d’excellents et il y en a d’autres. Trois questions suffisent souvent à faire le tri : quelle formation, sur combien d’années, et qui contrôle votre pratique aujourd’hui ? Ajoutez-en une quatrième si le premier entretien vous laisse un doute : qu’est-ce qui vous ferait me dire que vous n’êtes pas la bonne personne pour moi ?

Honnêtement

Ce n’est peut-être pas moi qu’il vous faut.

Il y a des demandes auxquelles la psychanalyse répond mal, ou trop lentement. Le dire fait partie du travail.

  • Vous êtes en danger maintenant.

    Un cabinet sur rendez-vous n’est pas la bonne porte. Appelez le 3114, ou le 15.

  • Il vous faut un traitement ou un arrêt.

    Seul un médecin peut prescrire : votre généraliste ou un psychiatre.

  • Il vous faut un bilan, un chiffre, un document.

    Bilan d’efficience, troubles des apprentissages, dossier MDPH : c’est le métier du psychologue ou du neuropsychologue.

  • Vous voulez un résultat rapide et ciblé.

    Sur une phobie simple ou une insomnie isolée, une thérapie brève fait souvent l’affaire plus vite. Ce n’est pas une trahison de le dire.

Pour aller plus loin

Quelques lectures

Ni bibliographie universitaire, ni liste de course. Des livres qu’on peut ouvrir sans avoir rien lu avant.

À valider : Liste à reprendre avec Alain Cochard : ce sont ses lectures qui doivent figurer ici, pas les nôtres.

Entrer par un récit

  • Les Mots pour le dire Marie Cardinal · 1975 Le récit d’une analyse, de l’intérieur. Reste le meilleur premier livre.
  • Un secret Philippe Grimbert · 2004 Ce qu’un silence de famille fabrique chez l’enfant qui l’hérite.

Sur les enfants et les adolescents

  • Lorsque l’enfant paraît Françoise Dolto · 1977 Les réponses radiophoniques qui ont fait entrer la psychanalyse dans les cuisines françaises.
  • L’Enfant et sa famille Donald W. Winnicott · 1957 Écrit pour des parents, pas pour des collègues. Et ça se sent.
  • Qu’est-ce qu’on a fait à Freud pour avoir des enfants pareils ? Catherine Vanier · 2012 Sur ce que devient la clinique de l’enfant aujourd’hui.

Freud lui-même

  • Cinq leçons sur la psychanalyse Sigmund Freud · 1909 Cent pages, écrites pour un public américain qui ne connaissait rien. Le meilleur point d’entrée.
  • Psychopathologie de la vie quotidienne Sigmund Freud · 1901 Les lapsus, les oublis, les objets perdus. On y reconnaît sa propre semaine.

Prendre rendez-vous

Le plus simple reste d’appeler.

Si je suis en séance, laissez un message avec votre prénom et un numéro. Je rappelle.

10 boulevard Gabriel Guist’hau, 44000 Nantes — uniquement sur rendez-vous

Si ça ne peut pas attendre

Un cabinet fonctionne sur rendez-vous, et un rendez-vous se prend quelques jours à l’avance. Ce n’est pas la bonne réponse à une urgence. Ces numéros, si.

  • 3114 Prévention du suicideGratuit, 24 h/24, 7 j/7. Un infirmier ou un psychologue répond. Pour soi, ou pour quelqu’un dont on s’inquiète.
  • 15 SAMUOu le 112 depuis toute l’Europe. Danger vital immédiat.
  • 09 72 39 40 50 SOS AmitiéÉcoute anonyme, tous les jours, toute la nuit.
  • 119 Enfance en dangerGratuit, jour et nuit. Pour un enfant, ou par un enfant.
  • 3919 Violences femmes infoAnonyme et gratuit, 24 h/24.